Thèse de Doctorat:

SARE Baké Adissatou. 2018. Variabilité climatique et dynamique des parcs agroforestiers dans la périphérie de la Réserve de Biosphère Transfrontalière W (Bénin). Ecole Doctorale Pluridisciplinaire « Espace, Cultures et Développement, » Université d’Abomey – Calavi Bénin. 337 pages.

Directeur de thèse: Prof Brice SINSIN.

RESUME: La présente étude porte sur la « Variabilité climatique et dynamique des parcs agroforestiers dans la périphérie de la Réserve de Biosphère Transfrontalière W (Bénin) ». La périphérie est une zone caractérisée par une très forte variabilité intra-saisonnière des précipitations. Les cumuls annuels de pluies varient entre -42,2 % en régime sec et +47,5 % en régime humide. Cette variabilité affecte fortement les parcs agroforestiers durant la phase de croissance de la végétation. L’objectif de cette thèse est d’étudier la dynamique des parcs agroforestiers en relation avec la variabilité climatique à échelle locale et d’identifier des indicateurs pertinents qui permettraient de mieux décrire cette variabilité dans chaque saison. Pour atteindre cet objectif, trois grands types de données ont été utilisées : climatiques, biologiques (le couvert végétal des parcs agroforestiers) et les images satellitales. L’approche adoptée combine l’analyse numérique d’images satellitaires, l’utilisation d’indices du NDVI MODIS, l’emploi des images de basse résolution temporelle (Landsat). En fonction de la composition floristique et des espèces dominantes, cette étude a permis de distinguer quatre types de parcs agroforestiers : les parcs monospécifiques (parcs à Sclerocarya birrea), les parcs mixtes (parcs mixtes à Parkia biglobosa et Vitellaria paradoxa C.F. Gaertner, à Parkia biglobosa et Adansonia digitata L. et les parcs mixtes composites ont été décrits. La diversité de Shannon (H = 4,27bits) et l’Equitabilité de Pielou (Eq = 0,81) pour tous les sites sont relativement élevés indiquant une bonne diversité. L’analyse des structures diamétriques montre une distribution en J « renversé » dans les champs. Par contre une tendance à l’asymérie positive a été notée dans les jachères. Des enquêtes ont été réalisées auprès de (216) ménages choisis dans cinq différents groupes socioculturels (Bariba, Mokollé, Dendi, Gourmantché et Peulh) répartis dans 60 villages. Les investigations ont porté sur les perceptions locales de variabilité climatique et les observations de terrain ont été effectuées. L’enquête était constituée d’entretiens collectifs et individuels, à questionnaires ouverts, semi-ouverts et fermés. Les chefs de ménage sont davantage marqués par la dégradation de la saison des pluies observée après 1970, en l’occurrence la modification des dates de début et de fin des saisons des pluies, la recrudescence des séquences sèches, la diminution du nombre de jours pluvieux et le déficit pluviométrique, que par la relative récente reprise des précipitations au cours des années 1990 et 2000. Face à la variabilité climatique, les agroéleveurs ont développé des mesures d’adaptation qui globalement traduisent leur perception. Ceci ouvre des perspectives pour l’élaboration de stratégies d’adaptation avec une forte chance d’attirer l’intérêt des agro éleveurs.

Mots-clés : NDVI-Modis, Réserve de Biosphère Transfrontalière W (Bénin), Variabilité climatique, Perception locale, Parcs agroforestiers.