Thèse de Doctorat: 

Marcel R. B. HOUINATO (2001). Phytosociologie, écologie, production et capacité de charge des formations végétales pâturées dans la région des Monts Kouffé (Bénin). Université Libre de Bruxelles. Belgique. 264 pages.

Directeur de thèse: Prof. Jean LEJOLY.

Résumé: Des inventaires floristiques et 159 relevés phytosociologiques suivant la méthode Züricho-Montpellieraine ont été effectués dans la région des Monts Kouffé de 1996 à 1998. Le traitement des relevés par la « detrended correspondence analysis » a permis l’individualisation de neuf associations végétales nouvelles rangées dans deux classes. La classe des Hyparrhenietea Schmitz 1963 des savanes non steppiques regroupe le Schizachyrio – Sorghastretum bipennati ass. nov. des dépressions sur sols argileux, le Loudetiopsio-Hyparrhenietum rufea ass. nov. des dépressions sur sols sableux, l’Elymandro-Monocymbietum ceresiiformi ass. nov. des jachères humides, le Gardenio-Siphonochiletum aethiopici ass. nov. des savanes en évolution progressive et le Gardenio-Pteleopsietum suberosea ass. nov des jachères sur plateau. La classe des Erythrophleetea africani Schmitz 1963 des forêts claires comprend l’Andropogono-Isoberlinetum dokae ass. nov. des savanes boisées/forêts claires, l’Uapaco-Isoberlinetum dokae ass. nov. des forêts claires, l’Aframomo-Anogeissetum leocarpi ass. nov. de forêts denses plus évoluées. La comparaison des phytomasses maximales de ces différentes associations révèle des différences significatives lors d’un même cycle de croissance. Leur hiérarchisation suivant le test de Neuman-Keuls donne trois groupes homogènes correspondant respectivement aux dépressions, aux savanes sur plateaux et aux forêts. Les phytomasses les plus élevées sont obtenues dans le Schizachyrio-Sorghastretum bipennati (7,32 t MS/ha) et les plus faibles dans l’Uapaco-Isoberlinetum dokae (2,83 t MS/ha). Des spectres biologiques, il apparaît une très forte proportion des phanérophytes (36 %) et des Thérophytes (34 %). Du point de vue des spectres phytogéographiques, les espèces de l’élément base soudanien représentent 16,1 % du spectre brut de la florule totale de la région des Monts-Kouffé. 13,5 % des espèces sont répandues à la fois dans les CRE soudanien et Zambésien ; 11,3 % appartiennent à l’élément guinéen et se développent des les forêts galeries et les forêts denses sèches ou semi-décidues. Ces dernières sont situées dans la zone la plus méridionale du CRE soudanien en contact sud avec la zone de transition guinéo-congolaise / soudanienne. Les espèces plurirégionales africaines représentent 33 % du spectre brut. Il s’agit surtout des espèces afro-tropicales. Les taxons à plus large distributions constituent 25.2 % du spectre brut. L’impact des feux brousse sur la dynamique de la végétation s’est manifesté par une fermeture progressive du couvert végétal dans les parcelles de protection intégrale et une diminution des espèces forestières dans les parcelles de feu tardif. Dans les parcelles soumises au feu précoce, la plupart des espèces présentes au début se sont maintenues et ont connu une croissance normale. Les feux tardifs ont favorisé l’apparition de nouvelles thérophytes (36 % du total des espèces) et provoqué la regression des phanérophytes. La proportion de ces derniers est la même (45 % du spectre biologique brut) dans les parcelles protégées intégralement que celles soumises au feu précoce.